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Le Roi Lear à travers la Romandie

En 2015, les arTpenteurs mettent en scène, Le Roi Lear, chef d’œuvre de William Shakespeare, l’un des sommets de l’écriture européenne autour des thèmes de l’amour filial, du pouvoir absolu, et de la vieillesse ini- tiatique.
Quatre protagonistes – 2 comédiens, une musicienne et un accessoi- riste – interprètent cette épopée dans un univers épuré et lyrique, où l’histoire se déroule comme un tapis sous le regard complice des spec- tateurs.
C’est aussi pour les arTpenteurs une occasion de renforcer sa dynamique de troupe en mettant les compétences de chacun de ses membres au service du projet global, que cela soit artistiquement, techniquement ou administrativement parlant.
Le chapiteau des arTpenteurs fera ainsi halte à Yverdon-les-Bains, Le Sentier et Lausanne ce printemps, puis sera repris dès fin août à Romainmôtier, Pully, Sion et enfin à Genève au théâtre de la Parfumerie.

En résumé
Le roi Lear veut se retirer du pouvoir et partager son royaume entre ses trois filles. Mais tout lui échappe. Il se retrouve face à son destin, avec son fou pour seul compagnon alors que la tempête fait rage…
Sous chapiteau, les arTpenteurs sont quatre en scène: ils racontent et jouent ce conte tragique, à travers sentiments d’amour, trahisons, luttes pour le pouvoir, folies et morts, faisant surgir sous nos yeux un monde brû- lant d’humanité. Voilà qui remue des choses profondes dans les cœurs !

La mise en scène
L’idée de mise en scène vise à créer un spectacle où l’histoire du roi Lear est jouée-racontée d’un seul souffle, en développant sur la scène épurée du chapiteau toutes les conséquences tragiques de l’erreur du roi Lear lorsque, dans un geste de folie dicté par la colère, il répudie sa fille préférée Cordélia. La comédienne Chantal Bianchi et le comé- dien Thierry Crozat, identiquement costumés dans un style non réaliste, donnent vie et présence aux protagonistes de cette histoire d’amour et de pouvoir. Par le recours à la technique du jonglage et à quelques accessoires symboliques, ils se transforment instantanément sous les yeux du public. Leur sincérité et leur virtuosité, fondements de leur plaisir d’acteurs, est constitutif du plaisir du spectateur, dont le pouvoir imaginaire est à la fois sollicité et stimulé par un théâtre de proximité provoquant le partage sensible des émotions. Ils se métamorphosent parfois en bouffons, pour donner une version décalée de l’histoire dans une version à la fois tendre et ironique.
Mais ces deux acteurs ne sont pas seuls en scène. Avec eux et autour d’eux agissent la musicienne Corinne Galland et le rapsode Alain-Serge Porta, les quatre ensemble formant par moment un chœur élisabéthain. La musicienne produit en direct une musique en dialogue avec le texte dramatique des acteurs. A quoi s’ajoute une bande-son faite de brui- tages et de fragments de musique classique allant de Purcel à Shos- takovitch. Le quatrième personnage en scène, désigné sous le nom de rapsode (en fait, il est bien plus que cela, accessoiriste, scénographe, marionnetiste, …), est le maître de cérémonie de ce récit à quatre, il as- sure par ses interventions la création des images où l’illusion tragique se fait et se défait d’une manière continue et fluide.
Le spectacle parcourt l’arc entier des situations d’extrême tension, di- lemmes et contradictions stylisés par le langage poétique: déchire- ments familiaux, oppositions des enfants au père, rivalités des frères, luttes sanglantes des sœurs. Ce monde de l’extrême est montré dans toute sa cruauté, mais au terme du voyage racontant l’expérience ini- tiatrice de Lear, les acteurs se relèvent d’un amoncellement de neuf cadavres pour saluer le public, redonnant à la vraie vie tous ses droits à l’issue de la fiction tragique. Leçon d’humanisme de Shakespeare, les histoires les plus horribles débouchent sur le pardon et l’espoir.

Plus d’infos et réservations sur lesartpenteurs.ch.

(cp)

écrit par Joram

Joram

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