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Rencontre avec le dessinateur Tuan

C’est à l’occasion de la sortie de son artbook «Memory Lane» que nous avions rencontré l’artiste jaunevois Tuan, un recueil de dessins couvrant une période s’étalant de 2008 à 2014 et qui nous emmène dans l’univers de l’artiste. Faisant le pont entre des mondes si éloignés et pourtant si proches, Tuan apporte une touche de Hiphop à ses dessins qui porte la marque du Japon, à moins que ce ne soit l’inverse… Qu’importe finalement, car c’est certainement, outre son talent, cette faculté à mélanger les genres qui permet maintenant à Tuan de vivre de son art et de multiplier les projets un peu partout à travers le monde comme il nous l’explique : «Je suis un peu à cheval entre plusieurs cultures, j’ai le background occidental parce que je suis Suisse, mais en même temps comme j’ai beaucoup travaillé avec des Américains j’ai également cette touche-là tout en ayant eu une éducation asiatique vu que je suis d’origine vietnamienne. Ce melting pot fait que les gens se sentent assez à l’aise avec moi, car on partage certaines références tout en ayant ce petit quelque chose d’inconnu et de curieux qui les interpellent
Des voyages qui sont non seulement d’une partie de son inspiration, mais aussi de sa carrière puisque c’est alors qu’il ne dessinait plus vraiment depuis de longues années que Killa Sha le contact alors qu’il séjourne à New York. De cette première collaboration, d’autres viendront faisant de Tuan le dessinateur quasiment attitré des rappeurs de QB (Queensbridge). De cette renaissance artistique, Tuan partira ensuite au Japon, à Tokyo plus précisément pour s’imprégner complètement de cette culture qu’il aime tant sans pour autant oublier le rap. Une (première) escale dans l’Empire du Soleil levant qui marquera elle aussi un tournant décisif dans sa carrière. «J’ai eu de la chance en fait, mon travail pour des artistes américains qui sont beaucoup écoutés là-bas a fait que j’étais déjà connu sur place par des artistes locaux qui appréciaient mon boulot. Sans vraiment le savoir, je ne partais donc pas en terrain totalement inconnu. Je me suis donc assez rapidement retrouvé projeté dans le milieu musical japonais, que ce soit par Richee et son label Hood Sound inc mais aussi la violoniste Sarah Alainn avec qui j’ai travaillé à l’élaboration de son dernier album.» Actuellement, et en dehors des mandats qu’il reçoit, Tuan travaille à l’élaboration d’une bande dessinée en deux volets L.O.V.E et Cliché, thriller qui se déroule à Genève, fruit d’une réflexion personnelle qui l’a amené à se rendre compte qu’il devait également travaillé pour lui-même, dans le sens créatif du terme «C’est très rare d’avoir carte blanche totale sur des mandats et c’est en compilant mes dessins pour Memory Lane que je m’en suis rendu vraiment compte. Avec cette bande dessinée, mais aussi un jeu vidéo qui s’inspirera de son univers, j’ai pu travailler sur un projet qui, je l’espère, va devenir l’œuvre de ma vie.»

Pour plus d’infos, portofolio ou encore acheter les oeuvres de Tuan >> www.tuan-hollaback.com.

écrit par Joram

Joram

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