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Sébastien Jubin, un baroudeur, intellectuel, géographique, qui connaît la musique… pas seulement régionale !

L’Artpigiste : Sébastien Jubin, ajoulot (comprenez habitant d’un district de la République et Canton du Jura, Suisse), journaliste et animateur dans une radio locale, puis correspondant dans diverses régions pour la télévision nationale, auteur, de livres, de pièces de théâtre, prof de théâtre et d’écriture, est-ce que la liste de présentation est exhaustive ?
S. Jubin : Ça peut aussi se résumer en un seul mot, si c’est plus simple pour toi : je suis un « raconteur ». Mais sinon, c’est assez exhaustif. Je pourrais aussi ajouter que je suis capable de tuer pour un plat de pâtes avec un verre de vin rouge italien. Ou que je préfère marcher seul dans la forêt que regarder un match de foot à plusieurs.

L’Artpigiste : Ajout intéressant, mais je me demande si tu ne nous racontes pas des histoires avec ta capacité à tuer… Sébastien, d’où tires-tu ton énergie, à quoi fonctionnes-tu ?
S. Jubin : Je fonctionne à l’excitation de la nouvelle rencontre. C’est grisant de savoir que demain, je rencontrerai d’autres gens qui m’apprendront mille trucs. Plus concrètement, j’essaie de dormir au moins 8h par nuit. C’est ce qui me sauve je suppose. Pour le moment.
Et quand ça n’ira plus, je me servirai de la chimie :)

L’Artpigiste : Une douce alchimie en quelque sorte… Et quel est ton rapport à la musique ? que représente la musique dans ta vie ?
S. Jubin : J’ai toujours la musique allumée. La radio, ma propre play-list, c’est égal, il me faut du bruit pour me réfugier dans ma bulle (pour écrire par exemple). Et je fredonne aussi. Au bureau, si tu aimes le silence, ça doit être chiant de bosser en face de moi. Parfois, dans un éclat d’inspiration, je chante super fort. Mes collègues font des gros sauts sur leur chaise.
Et sinon, j’écoute de tout. La daube sur les radios régionales, j’adore. Autant que les chansons à texte où la musique classique lorsque je prends un bain. Ou encore l’électro minimale quand j’ai envie de danser.

L’Artpigiste : Un éclectisme qui te caractérise là-aussi. Es-tu musicien toi-même ? Chanteur ?
S. Jubin : J’ai commencé le solfège à 9 ans. Et j’ai fait partie de la fanfare de mon village jusqu’à 21 ans. Donc je crois qu’on peut dire que je connais un peu la musique. Ce que je préfère par-dessus tout aujourd’hui, ce sont les karaokés. Je pourrais y passer toutes mes soirées. Il y a des gens de tous les âges qui chantent dans toutes les langues et de tous les styles. Parfois magnifiquement, parfois comme des casseroles. Je me fais toujours beaucoup de potes dans ces soirées-là.

L’Artpigiste : De fanfare à fanfaron, il y a un pas que je ne franchirai pas, et d’ailleurs tu le fais bien tout seul… Bref, revenons à notre cuisine. Pratiques-tu un autre art que ceux lié à l’écriture et au théâtre ?
S. Jubin : L’art de l’écoute, je crois. Qui a tendance à se perdre parce que nous ne prenons plus le temps d’écouter. Un oiseau, le vent, un gamin qui a un fou rire, un ami qui pleure, un avion qui survole nos têtes, une respiration dans le cou. Enfin voilà. Je veux pas au poète maudit mais je trouve qu’on n’écoute plus assez ;)

L’Artpigiste : Je partage ton avis. C’est donc chez toi une qualité, qui je pense va se ressentir dans ton nouveau projet professionnel : Aujourd’hui sort le premier numéro du journal L’Ajoie dont tu es le rédacteur en chef avec Elise Choulat. Pourquoi un nouveau journal dans une si petite région oû l’on pourrait croire que tout se sait déjà ?
Sébastien Jubin logo Ajoie
S. Jubin : Tout se sait, ça c’est clair ahahahah. Mais tout n’est pas traité avec un œil journalistique. La rumeur ne doit pas être confondue avec l’information. Bien sûr qu’un tel journal a sa place en Ajoie. Parce que les Ajoulots, très marqués par leur identité, ont besoin qu’on parle de leurs vies. De leurs sports, de leur économie, de leur culture et de leurs bonheurs et malheurs. D’ailleurs, parcourez la première édition, elle est fort bien fournie.

L’Artpigiste : Elle devrait être dans ma boite aux lettres ce matin, je me réjouis de la parcourir. Pour les non-abonnés vous la trouverez en kiosques… Parlons un peu de son contenu justement, quelles sont vos volontés tant sur le fond que sur la forme ?
S. Jubin : Sur le fond, ce sera un journal qui comptera une douzaine de pages en moyenne, au format tabloïde, imprimé en numérique (donc en couleur) sur du papier de très bonne qualité. Un bel objet qui paraîtra les mardi, jeudi et samedi. .
Sur la forme, nous traiterons de ce qui touche les Ajoulots au quotidien. Dans tous les domaines.

L’Artpigiste : On peut donc dire que la maison ne recule devant aucun sacrifice. Tout un programme qui promet ! Et la culture, elle y aura une place autre qu’un agenda des manifestations ?
S. Jubin : Bien sûr. La même place que pour les autres sujets. Une place de choix :) Vous pouvez compter sur moi.

L’Artpigiste : Et on y compte bien ! Pour terminer, as-tu d’autres projets en cours, personnels ou professionnels en parallèle de cette vie qui doit déjà être bien remplie ?
S. Jubin : Mon programme est rempli jusqu’à fin 2015. Le lancement du journal y est pour beaucoup. Le théâtre reste une partie importante de ma vie. J’écris et mets en scène un petit spectacle itinérant pour le marché de St-Martin à Porrentruy. Je dirigerai mes jeunes élèves à cette occasion. C’est une petite forme de dix minutes qui sera jouée plusieurs fois dans la journée.
Je viens de commencer à donner un cours d’expression théâtrale aux élèves de l’école de cirque du Jura. Ils sont géniaux ces gamins. Une telle envie !
Et je remonte sur scène en janvier 2015 avec mes petits camarades de la Cie Démarre Tôt. Une nouvelle création intitulée « Modeste contribution » d’un auteur belge. Et qui saura surprendre son monde. Nous allons parachuter les spectateurs dans une émission de télévision.
Et après ce spectacle, comme je n’aurai plus d’énergie, je voyagerai durant quelques semaines. J’aimerais retourner au Myanmar, un pays où les sourires sont contagieux.

L’Artpigiste : Tu foisonnes d’idées et de projets donc, comme à ton habitude. Merci Sébastien d’avoir pris un peu de ton temps si précieux en cette période pour nous répondre. Comme le veut la coutume, L’Artpigiste vous adresse un gros merde ! Longue vie à l’Ajoie et … non non, je ne ferai pas le fameux jeu de mots !…

Site internet du Journal L’Ajoie
L’Ajoie sur facebook

Photo : © Brigou 2013

écrit par Babeth

Babeth

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